LA RECONSTRUCTION NATIONALE PASSE PAR L’INDEMNISATION DES VICTIMES DE GUERRE
Le Congo post indépendance a connu des soubresauts politiques importants et plusieurs guerres civiles. Le travail de mémoire a été fait par les intellectuels congolais dans le cadre du cinquantenaire de l’indépendance du pays.
Ce travail remarquable a cependant occulté un pan important de notre histoire. Celui des victimes des soubresauts politiques et des guerres civiles que le Congo a connu et leur indemnisation. Rien que la guerre du 05 juin, suivant les sources, fait ressortir pas moins de 15.000 morts.
A cela, il faut ajouter les pertes matérielles et les troubles psychologiques qui affecteront encore pendant des années plusieurs d’entre nous. A la Conférence Nationale , plusieurs de nos compatriotes ont été réhabilités dans leurs droits. Le cas des militaires.
Le procès du Beach de Brazzaville tenu à Brazzaville en 2005 a indemnisé les parents des victimes pour 10.000.000 FCFA par victime. Cette marche de l’histoire qui consiste pour le Congo a indemnisé les parents des victimes du Beach de Brazzaville ne devait pas s’arrêter en si bon chemin.
Il faut recenser les victimes de toutes les guerres du Congo et indemniser celles-ci ou leurs ayants droit, même à titre symbolique pour aider le pays à se réconcilier avec lui-même et achever ainsi le travail de mémoire et de réconciliation commencé.
Il n’y a pas de différence entre les victimes de guerres. Les enfants soldats ont un programme à eux dédié le PNDR pour les réinsérer dans la société, les militaires radiés ont été réintégrés dans l’armée après la Conférence Nationale , les militaires radiés sous Lissouba depuis ont pris du galon et dernièrement les parents des disparus du Beach ont été indemnisés.
Il n’y a pas deux Congo : celui des forts et celui des faibles. C’est le cas de le dire quand nous constatons que ceux qui prennent des armes sont traités avec délicatesse et des millions sont débloqués pour leur réinsertion dans la société, combien même ils n’étaient pas insérés avant. Et les étudiants, élèves qui du fait de la guerre ont arrêté leurs études ? Quel est le PNDR à eux réservé ?
Il n’y a pas de choix à faire entre les victimes. Au Congo, il y a des victimes médiatisées : le cas des disparus du Beach (de 86 à 350 morts suivant les sources) et des victimes anonymes (plus de 15.000 morts rien qu’en 1997, sans citer celles de 1959, 1963, et durant toutes les années noires que le pays a connu de 1972 à l’inauguration de l’ère démocratique en 1992).
Nous constatons que les victimes médiatisées ont eu droit à un traitement particulier et les autres alors ? Que va-t-on en faire ? Le travail de mémoire doit prendre en ligne de compte toutes les victimes du Congo.
Les victimes doivent être recensées, connues. Un ministère devait être crée au Congo rien que pour s’occuper de cette question. Pour aider la reconstruction des personnes victimes des hommes politiques qui tous ont depuis pris de l’embonpoint.
En effet, à leur niveau, l’indemnisation a été faite.
Elle est permanente. Redistribution de postes politiques et administratifs, grâce présidentielle, etc., aujourd’hui comme hier, la vie pour eux a repris tous ses droits et la richesse matérielle est en marche.
Et la fille et la maman violées pendant la guerre ? L’élève et l’étudiant ayant arrêté leurs études précocement? Le père qui a vu sa maison dynamitée parce qu’appartenant à une autre ethnie que celle des occupants ? Le petit de six ans ayant perdu son bras droit ? Le père qui depuis dix ans ne sait pas où se trouve son garçon de 15 ans ? La liste des victimes est longue.
La reconstruction du pays pour devenir une réalité, doit intégrer cette vision des choses. Même s’il faut verser par victime 300.000 FCFA et si par extrapolation, les victimes sont estimées à 500.000, l’Etat congolais n’aura payé que 150 milliards. Quitte à l’échelonner sur plusieurs années. La réparation pour acheter la concorde nationale à mon sens n’a pas de prix.
ELVIS NGATSE
elvisjunior73@gmail.com
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