POURQUOI LE CONGO NE SERA JAMAIS LA TUNISIE


Actuellement certains pays du Maghreb vivent des retournements politiques historiques et spectaculaires. On parle même de révolution notamment en Tunisie. Dans les rues de Tunis en Tunisie, les masses populaires ont déferlé dans les rues et ont eu raison de 23 ans de dictature de Ben ALI.

Depuis, cette vague de protestations gagne l’Egypte, l’Algérie et s’est depuis exportée au-delà des frontières du Maghreb où des scènes similaires sont observées à Amman en Jordanie où tous à l’unissons, les manifestants revendiquent de meilleures conditions de vie pour tous et un accès à l’emploi pour les jeunes.

Faisant que les soulèvements dans le monde arabe auxquels nous sommes exposés au quotidien à la télévision,  commencent à donner de la matière à réflexions à certains esprits en Afrique au sud du Sahara en guête de pouvoir.

Notre pays le Congo-Brazzaville, ne souffre pas du manque d’intellectuels et de politiques qui caressent le rêve de voir la jeunesse de notre pays, déferlée dans les rues de Brazzaville et de  Pointe-Noire pour contraindre le pouvoir actuel à la démission et à l’exil.

Cependant, le Congo-Brazzaville n’est pas la Tunisie. Ses intellectuels et politiques ignorent que les révolutions de ce type ont été connues par notre pays au moins deux fois au cours de son histoire postindépendance.

En 1963 avec la chute du Président Fulbert YOULOU et en 1990 avec l’avènement de la Démocratie. Dans les deux cas, les aspirations profondes du peuple ont été récupérées par une horde de salauds. Les mêmes qui rêvent aujourd’hui d’une révolution à la tunisienne.

Le peuple congolais a été spolié de sa victoire par les plus fous de ses enfants,  qui entendaient accéder au pouvoir à la suite de ses sacrifices. Aujourd’hui, les mêmes faucons habillés en colombes en appellent encore à son sacrifice pour accéder aux affaires.

Questions : ce que certains congolais rêvent aujourd’hui ne s’était-il pas déjà passé chez nous ? Si oui, quels ont été les fruits de cette révolution les années après ?

Avec la révolution de 1990 qui a vu s’installer chez nous l’ère démocratique, le peuple d’Afrique qui vit au Congo avait réussi une performance enviable comparativement à certains autres peuples d’Afrique.

Cette performance a vite été récupérée par les chantres de la tribu-classe qui en faisant de la récupération ont servi quelques mois après leur accession au pouvoir : l’épuration ethnique au peuple, la confiscation de ses droits et libertés, la destruction de ses biens et immeubles, les guerres civiles à répétition.

Ils ont réussi à dresser les congolais entre eux et à créer pour l’essentiel des blocs ethniques catégorisés en Tchequie, Nibolek, Norvégiens. Une prouesse qui a laissé un goût amer à tous les congolais qui croyaient en la démocratie du nord au sud.

Pour mémoire, le mouvement de 1990 était conduit par la CSC alors animée par un certain BOKAMBA YANGOUMBA, un ressortissant du nord Congo qui s’opposait frontalement avec Denis SASSOU-NGUESSO, un autre ressortissant du nord Congo.

La soif de la démocratie est partagée par tous au Congo voit-on. Du nord au sud. Les pourfendeurs de la révolution congolaise de 1990 ont par la suite voulu confisquer le pouvoir par la force,  rendant possible l’alternance que par la voie des armes. Ce qui fut fait en octobre 1997 à leurs dépens.

Cette alternance armée a mis en évidence les clivages ethniques et renforcée le repli identitaire chez nous. Dans ces conditions, les rêveurs d’une révolution de jasmin à la congolaise version 2011 peuvent-ils nous dire comment vont –ils s’y prendre ?

Si tant est qu’en 1963 et en 1990, les conditions de vivre ensemble étaient réunies et avaient permis partant que le peuple qui était un, aspirait aux mêmes valeurs de paix, de progrès et de développement.

Aujourd’hui dans l’état actuel du Congo, est-ce que les mêmes conditions sont réunies ? Pour fédérer autour des valeurs républicaines l’homme de Talangai et de Bacongo ? Là sont les questions.

Ne rêvons pas. En l’état actuel du Congo, une révolution à la tunisienne est un rêve pieux. Ce que d’aucuns n’arrivent pas à exprimer clairement, c’est plus l’envie de     «  broyer du mbochi » que la soif d’un véritable changement.
Pour ceux là, soyez sûr que les mbochis en sont bien conscients. Et du coup,  les appels a un tel mouvement ne les concernent pas, faisant que les conditions de 1963 et de 1990 ne sont pas pour l’heure réunies chez nous.

Il y a encore du chemin à faire pour arriver à l’unité que le Congo connaissait chaque fois qu’une révolution devait frappée à ses portes. Le développement des discours portant sur le fédéralisme au Congo, la tribalité, la République Kongo est loin d’arranger les choses.

Quel crédit un tel discoureur peut-il apporter à ses propos lorsqu’il appelle à un soulèvement populaire à la tunisienne. Cela pu du « casse mbochi » qui ne peut entraîner tout le pays dans un mouvement de révolte.

Il est clair que cela peut être interprété comme un appel d’une partie du Congo-Brazzaville à se soulever contre une autre partie du Congo-Brazzaville. Cela s’appelle un appel à la guerre civile et non une révolution verte. C’est du fantasme et non une éventualité dont il faut rêver en l’état actuel du Congo-Brazzaville.

Tant que le nord Congo se méfiera du sud Congo et vice-versa sans diviser le Congo en nord et en sud pour reprendre le discours des nostalgiques de l’antiquité, l’on peut dire adieu et ce pour longtemps encore aux brillantes révolutions de 1963 et de 1990 et repousser très loin le rêve de voir la révolution de  Jasmin arriver au bord du Fleuve Congo.


Elvis NGATSE

elvisjunior73@gmail.com

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