Transformer le fonds routier en une Autorité Routière
Les travaux de l’Assemblée Générale des Fonds routiers africains en sigle AFERA, se sont ouverts hier à Cotonou au Benin, et prendront fin le 02 décembre.
AFERA compte 31 pays membres dont le Congo et son assemblée générale planche cette année sous le thème « 20 ans de réformes de l’entretien routier en Afrique subsaharienne : bilan et perspectives ».
L’occasion de revenir un instant sur la place du fonds routier chez nous. Créé par loi N°8-2004, le fonds routier est un établissement public administratif qui a entre autres missions, d’assurer le financement de l’entretien des routes et de protéger le patrimoine routier national.
Le fonds routier est financé par les subventions de l’Etat et par la redevance d’usage de la route (RUR). En 2010, son budget s’élevait à plus de 20 milliards de FCFA.
Le niveau de recouvrement, aussi bien de la subvention de l’Etat et de la RUR , ne dépasse pas les 50%. Autrement, le budget du fonds routier devait tourner autour de 40 milliards de FCFA.
Pour mieux comprendre les enjeux d’un fonds routier, il faut prendre des exemples qui marchent comme celui de l’Afrique du sud. Au pays de Mandela, le fonds routier est en surliquidité.
Aujourd’hui, il leur manque même des projets d’entretien routier à financer et des routes à construire. Ce succès est en partie dû à la réforme en profondeur de cet outil.
Pour y arriver, il fallait le débarrasser de tout lien avec l’Etat, lui fixer des objectifs dans le cadre d’une feuille de route, lui céder par la loi un pourcentage sur le prix du carburant.
Depuis, le fonds routier sud africain est devenu une véritable machine à collecter des fonds, à construire et entretenir des routes. Au Congo, l’Etat est partout.
Il intervient dans le fonds routier via le Ministère des travaux publics et les gestionnaires de ce fonds viennent du secteur public, même si son conseil d’administration recense les membres qui viennent du secteur privé. Son Directeur Général est nommé par décret présidentiel.
Pour rêver de transformer notre fonds routier en outil de performance comme le fonds routier sud-africain, il nous faut créer une autorité routière comme c’est le cas aujourd’hui dans le secteur des télécoms.
Une fois cette autorité créée, il faudra lui donner une autonomie financière et faire voter une loi qui instaure une redevance sur le carburant, les plaques d’immatriculation, la surcharge des voitures en plus des péages et de la subvention annuelle versée par l’Etat.
Nombreux fonds routiers africains, ne vivent exclusivement, que de ces différentes taxes, et arrivent à construire les routes et à les entretenir. Le cas en Ethiopie, au Rwanda et en Namibie.
L’avantage d’avoir une Autorité en la matière, réside dans le fait que les montants des différentes taxes perçues, ne sont pas versés au Trésor Public.
Mais ils sont affectés dans le compte bancaire de l’Autorité routière, ce qui lui permet, de mettre en exécution son programme de travail, loin de la lourdeur administrative, inhérente à la dépendance au Trésor Public.
Si nous prenons 30.000 véhicules qui roulent sur nos routes, dont 90% suivant une récente étude sont des taxis, et avec une moyenne de 10 litres par jour, et si la redevance est de 150 FCFA sur le prix du litre du carburant, nous aurons 14.580.000.000 de FCFA chaque année.
Les estimations des entrées financières des péages sont de 445.000.000 FCFA par an, ce qui sera doublé avec la mise en service prochaine du péage de la nouvelle route Pointe-Noire/Dolisie.
L’ensemble des taxes combinées, en plus de la subvention de l’Etat, peut donner des coudées franches au fonds routier, et lui permettre de négocier des crédits pour ouvrir les nouvelles routes et entretenir celles existantes.
Elvis NGATSE
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