Bain de sang à Brazzaville
Le 04 mars 2012, marquera encore pendant plusieurs années, les esprits des habitants de Ouenzé et de ses environs, qui ont survécu à la catastrophe du camp blindé.
Très tôt ce matin, dès 8H30’ et ce jusqu’à 13H00 locales, plusieurs déflagrations d’obus, ont réduit en silence plusieurs congolais et transformées le visage du 4ème arrondissement de Brazzaville en vaste dépotoir.
L’onde de choc des explosions qui a été ressentie jusqu’à Kinshasa en RDC, a soufflé sur son passage plusieurs habitations. Les églises, les collèges et lycées n’ont pas résisté à la violence des commotions des armements du camp blindé.
Un drame qui frappe le Congo, au moment où les chrétiens sont en carême et se purifient de leurs péchés, pour se présenter tout blanc devant l’Eternel notre Dieu.
Interrogé quelques heures après les explosions, sur le plateau de TV Congo, le ministre de la défense, Charles Zacharie BOWAO qui était accompagné de celui de l’intérieur, Raymond Zéphirin MBOULOU a fait une bourde en affirmant qu’on ne déplorait aucun mort.
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| Une image sur l'étendue des dégâts nés de cette catastrophe |
Une information qui sera démentie très rapidement par les agences de presse. Cette nuit, on parle de plus de 200 morts. Informé de la situation, le Président Sassou a fait une descente au CHU de Brazzaville et à l’hôpital militaire, pour réconforter et rassurer les blessés.
Répondant aux questions des journalistes, le Président Sassou, a déploré les pertes matérielles et en vies humaines, et promis mettre tout en œuvre, pour apporter des soins appropriés aux innombrables blessés. On parle cette nuit, de plus de 1.500 compatriotes qui seraient dans un état grave.
Parmi les annonces faites par le Chef de l’Etat, figure la convocation d’un conseil des ministres extraordinaire, pour faire face à l’urgence de la situation née de la catastrophe du camp blindé.
Le Gouvernement de la République a réquisitionné les pharmacies de Brazzaville, afin que les médicaments soient mis à la disposition des centres de santé qui reçoivent les blessés.
Plusieurs unités de l’armée et de la police sont déployées dans les secteurs touchés, pour protéger les populations et prévenir tout acte de pillage.
Des sites d’hébergement ont été retenus à l’instar du stade annexe Massamba-Débat, pour recevoir les sinistrés et la chaîne de télévision nationale fait passer en boucle, les images des enfants égarés et demande à leurs parents de passer les récupérer au poste de police de la CNRTV.
Le Royaume du Maroc et la France annoncent cette nuit, une aide d’urgence pour le Congo. Et dès demain, un hôpital militaire de campagne sera monté par les médecins militaires marocains pour soulager les blessés.
Se pose alors la question de la présence des garnisons militaires à Brazzaville. Il est vrai que lors de son intervention, le Chef de l’Etat et le ministre de la défense, ont tous deux affirmer que la délocalisation de celles-ci était attendue cette année.
Mais, le développement sauvage de nos villes, ne pouvait pas faire réfléchir depuis longtemps nos dirigeants quant à l’urgence de cette délocalisation ? Et dire que ce n’est pas la première fois que de tels incendies surviennent dans les camps militaires.
Des faits similaires se sont déjà produits à Pointe-Noire, au camp blindé aujourd’hui détruit, à la résidence privée du Général ADOUA à Talangai.
Par souci de justice, il faut diligenter une enquête et établir les responsabilités. Le bilan s’annonce très lourd. Les obsèques nationales et les soins gratuits ne suffiront pas pour soulager les familles sinistrées et éplorées. Les compensations financières aussi.
Il faut que justice se fasse et c’est le moment pour les gouvernants, de se poser les vraies questions sur le chemin d’avenir qu’il faut tracer pour le pays.
Compter les morts sous un mandat n’est jamais bon signe. Le renversement du train à Yanga, le crash de Pointe-Noire, les explosions du camp blindé, les guerres civiles des années 1998-2000 et autres disparus du Beach de la même période, doivent interpeller ceux qui dirigent le Congo.
Certainement en cette période de carême, il faut repartir à Dieu pour implorer sa miséricorde pour le Congo et changer de cap dans la gouvernance. Certainement, il n’y aura plus de morts en masse comme c’est le cas aujourd’hui.
J’ai une pensée pour les familles sinistrées et éplorées en cette heure de la nuit. Que Dieu bénisse le Congo et apaise les cœurs de nos compatriotes qui sont en souffrance ce 04 mars 2012.
Poursuivons la discussion sur elvisjunior73@gmail.com
Elvis NGATSE

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