Crash de Mfilou, suite d'une série sans fin



Faut-il combien de stèles au Congo, pour ne plus avoir de morts ?

L’histoire du Congo est plus marquée par les drames que par un véritable progrès. Un homme politique congolais, a fait remarquer un jour à la presse, que dans notre pays, on construit et on déconstruit. Un éternel recommencement, qui semble organiser le cycle de vie des différents pouvoirs qui se sont succédés chez nous, avant et après les indépendances.

En témoignent, plusieurs événements malheureux au Congo, qui chacun en son temps, a apporté son lot de vies supprimées, de destructions matérielles et de déplacements massifs des populations.

On peut citer sans être exhaustif : la guerre de 1959, les 13, 14 et 15 août 1963, les crimes de la JMNR, les assassinats de Pouabou, Matsokota, Massouémé, le massacre des réactionnaires du M22, les assassinats de Ngouabi, de Massamba Débat, de l’unique cardinal congolais, les attentats de Brazzaville (cinéma ABC, aéroport Maya-Maya), le crash du DC-10 de la compagnie française UTA, le crash de l’Antonov militaire au dessus de Kinkala dans les années 1990, le drame de Mvoungouti, les assassinats du CCF en 1992, les guerres civiles de 1993, 1997, 1998 et suivantes, les disparus du Beach, la catastrophe ferroviaire de Yanga, le crash de TAC, les explosions du camp des blindés à Mpila. Et aujourd'hui, les inondations de Pointe-Noire et le crash aérien de Makazou à Mfilou.


Image aléatoire du drame de Mpila, le 04 mars 2012



Au regard de la liste ci-dessus présentée, en 50 ans d’indépendance, nous avons connu en moyenne, un drame tous les deux ans, ayant entrainé la mort des congolais, la destruction des biens meubles et immeubles, le déplacement en masse des populations.

Ce tableau fait froid au dos, et le pays ne rassure guère, car les statistiques réelles, présenteraient une situation encore plus dramatique. Ce qui montre que le Congo, est un pays dangereux.

Au rythme des catastrophes, qui sans cesse endeuillent notre pays depuis plus de 50 ans, l’homme politique congolais, a imaginé l’érection des stèles, lorsqu’il n’a pas débaptisé le nom d’une école ou d’une rue, au nom des         « illustres disparus ».

Ainsi, nous avons la stèle des victimes de guerres civiles devant la préfecture de Brazzaville, la stèle de la guerre du 05 juin devant l’entrée de la résidence privée de Sassou-Nguesso, la stèle des victimes de Mvoungouti au cimetière Mont Kamba à Pointe-Noire, la stèle des victimes du DC-10 de la compagnie UTA au cimetière du centre-ville à Brazzaville, la stèle de réconciliation des peuples du Niari et du Pool à Mfilou-Brazzaville, le mausolée Marien-Ngouabi. La liste est longue.

Une délégation des Nations-Unies, a exigé courant 2011, au Gouvernement congolais, d’ériger une stèle à Brazzaville, en mémoire, des 354 disparus du Beach.

Le compte-rendu du conseil des ministres du 08 mars dernier, nous apprend, qu’une stèle sera construite à Ouenzé, pour perpétuer la mémoire, des victimes de la série d’explosions du 04 mars dernier. Les conseils de ministres à venir, prendront sans nul doute, la décision d'ériger une stèle pour les inondations de Pointe-Noire et le crash de Makazou à Mfilou.

Question : faut-il l’érection de combien de stèles au Congo pour que le pays connaisse la paix ?

Notre pays va de catastrophes en catastrophes. Une en moyenne tous les deux ans. Un tel environnement, ne peut permettre le développement et inciter les hommes de bonne volonté, congolais ou non à investir.

Tous ceux qui sont aujourd’hui au pays, rêvent de le quitter au plus vite. Par peur d’être rattrapé suivant les statistiques présentées plus haut, par un pétard venu de nulle part.

Une catastrophe tous les deux ans en moyenne. En réalité, c’est bien plus. Pour éviter de jouer avec la peur des lecteurs, le choléra, la fièvre à virus Ebola, le chikungunya ou palu pongo, les maladies diarrhéiques, les victimes des courts-circuits électriques, n’ont pas été retenus volontairement dans cette liste.




Poursuivons la discussion sur elvisjunior73@gmail.com

Elvis NGATSE





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